David Giannoni

Born in Nice (France) August 5, 1968, at 4:30 am. It was a Monday. Suffice to say that it was necessary immediately get to work … Convinced to be French to his 15 years, he discovered Italy the day he moved to Rome with his family. There he discovers literature, art, poetry. He moved to Brussels in 1987 and in 1989 founded the project “maelstrÖm,” a multi-arts and multimedia project. Director of the magazine and maelstrÖm collection before they become fully a publishing house, screenplayer (“polders” real Claudio Serughetti. – Arte / Rtbf), co-founder of the poetic ReEvolution network with Lawrence Ferlinghetti, Antonio Bertoli and Alejandro Jodorowsky, he has long worked in the “homeless-help” field, in Brussels, as night educator and project manager as “word spaces for the homelesses.” In 2007 he created the fiEstival, International Poetry Festival in Brussels and became director of the House of Poetry of Amay (Belgium) and Editions L’Arbre à paroles. In December 2010 he opened in Brussels the Bookstore maelstrÖm 4 1 4. He is also a poet, painter, performer and therapist. He has published comics scenarios (“The Far Side of the city,” 3 vols.), Poetry (“Opened eye Closed eye”) and a book of stories (“Tales of Nod”), all published in maelstrÖm Reevolution.

Poems David Giannoni
« Poetry and wine »

1.

On dit de Moïse
qu’il revint des cimes électriques du Sinaï
avec le regard incendié
de celui qui a vu un dieu
les bras chargés de nouveaux principes
et l’estomac vide
de toute forme de nourriture.

On lui proposa alors
un peu de vin et un peu de pain
L’invitèrent à dîner
à peu près 40 familles
Au terme, on lui offrit une danse,
des chants, et une invocation
à la fertilité du peuple élu.
En nombre ils avaient sacrifié
leurs bijoux
pour lui faire ce cadeau, une création collective :
un magnifique veau d’or,
souvenir et exorcisme d’un passé
qui n’était pas si éloigné…
Habitué à tant de silence
et à une solitude de fer
lui, sérieux,
se vexa…
Il ne comprit pas pourquoi
alors que lui vivait dans le jeûne,
dans la privation et la souffrance constantes
d’avoir été abandonné,
l’on pouvait faire preuve
de tant de légèreté…

Il décida alors,
toute une nuit durant,
de réécrire et de corriger
ces règles à lui dictées
par un rêve incertain de son dieu…
Il décida alors,
de détruire les tables originelles
pour que jamais personne ne puisse un jour
en connaître le vrai contenu…
Mais d’abord il prit à part
un homme et une femme
muets et analphabètes
et à l’oreille il leur murmura
les principes divins…
C’est ce qu’il fit toute la nuit
également avec un couple de chaque espèce
du monde animal,
quelque plante,
quelque caillou aussi
eurent cet honneur…

Aujourd’hui le monde,
un certain monde
– notre monde –
continue de perpétrer
cette séparation
entre le sacré vivable
et le sacré invisible.

Nous, au milieu
de ces deux réalités.

L’ascension au ciel intérieur
adviendra…
mais combien de temps gâché
à ne pas danser !
à ne pas vivre la Fête !
Combien de siècles encore
à critiquer ? à se dessécher ?
à attendre demain pour vivre ?
Devons-nous vraiment pour cela
attendre que les muets parlent ?
que les pierres se transforment
en êtres ailés ?

Non,
à présent j’invoque
le droit à une vie meilleure
et plus légère.
Dans le cœur d’or
de mon Moi
le désir de danser
n’a pas de répit.

Flèche rapide
la conscience
quand les mains pleines
les yeux pleins
pour savourer capter
un vide qui se remplit de Soi.

Et alors ?
Danse, crée, vis, aime, cours
ou marche, c’est selon,
trébuche, relève-toi…
La ViePoésie
te veut, toi aussi…

ENGLISH VERSION

It issaidthat Moses returnedfromSinai tops withelectric light burned in one who has seen a godwith an armful of new principles and stomachempty of anyform of food.
He thenofferedsomewine and somebread for dinner The invited about 40 familiesat the end, hewasoffered a dance, songs, and an invocation to the fertility of the chosen people. In numbertheyhadsacrificedtheirjewelry for himthis gift, a collective creation: a beautiful golden calf, a souvenir and exorcism of a pastthatwas not so far away … soaccustomed to silence and solitude of ironHe seriouslywasannoyed … He did not understandwhy as helived in fasting, deprivation and suffering constants have been abandoned, wecould show solightly …
He decidedthen, a whole night long to rewrite and correct theserulesdictated to him
uncertain by a dream of hisgod … He decided to destroy the original table that no one everwillever know the true content … But first hetook one man and one womandumb and illiterate and the eartheywhispered divine principles … He didwell all night with a pair of eachspecies of the animal world, some plant, some stone alsohad the honor …
Today the world, a world – our world-continues to perpetuate the separationbetween the sacred and the sacred invisible livable.
We in the middle of thesetworealities.
The ascent to heaveninside
happen … but how muchwasted time not to dance! not live the party!
How many more centuries to criticize? to dry? towaituntiltomorrow to live?
Must wereallywait for it the dumbspeak? that the stones are transformedintowingedcreatures?
No, now I invoke the right to a better life and lighter. In the golden heart of my ego
the desire to dance has no respite.
Arrow Quick consciousnesswhentheir hands full the eyes to enjoycapturing
a vacuum thatwasfilledwith self.
And then? Dance, create, live, love, or start over, itdepends, stumble, get up …
LifePoetrywantsyou, youtoo …

2.

Tu as le choix
toujours le choix
ton degré d’exister
dépend si peu en fait
de ta capacité à consommer
tout on veut te vendre
tout te faire acheter
sans que cela pourtant
ne t’appartienne vraiment jamais

Alors quoi ?
Veux-tu briser le miroir ?
ou emprunter le chemin le plus court
qui mène à la Cité du Tout produit
qui tout consume que tous consomment qui tout réduit ?

Tu as le choix
entre le A et le B
toujours le choix
entre B et A
Aucune autre lettre dans cet alphabet
malgré les multiples facettes
mirages
que l’on te renvoie
Mais qui te montre cela ?
qui a décidé pour toi ?
Personne est son nom
et il vient de la nuit
et il vient d’au-delà du temps
Il a toujours été là.
Quelqu’un d’invisible produit
quelqu’un d’invisible vend
et fait vendre
quelqu’un d’invisible monnaye
ce droit de posséder sans avoir

Et toi
que décides-tu ?
Tu as le choix,
tu peux persévérer
dans cette absence à toi-même
ou bien entendre au coucher
la voix séculaire des indiens Mic-Mac
qui depuis le nid du Roi
te parlent
et que te disent-ils ?
Depuis l’invisible leur voix
parvient à flots discontinus
ils évoquent le temps passé
les liens effacés pourtant non révocables
entre l’humain et ses dieux
ils parlent de nature de chasse
de priorités aliénées
ils parlent sans Te parler
Car leur voix est éteinte
au Soleil de la Cité

Tu empruntes des chemins visibles
ils sont tracés
pourquoi marcher courir
sans s’arrêter
au risque
de Voir ?

Tu mets une main
ouverte
sur ton œil
ouvert
Tu te déplaces ainsi
Âne précédent
toujours
la Grande Carotte
et tu en tires grande fierté !
Je ne m’oublie pas
De là où je suis j’observe
mon action
comme la tienne
Je ne juge pas
ne veux être jugé
Je produis
peu
Je consomme
à peine
Je perds aussi
une partie du sens
que j’acquière
à la force de mes économies.
Je n’ai de choix
que celui que ceux
que je m’octroie.

Alors…
je me retire, vague
d’eau douce en cet océan salé
je plonge mes mains
puis mes pieds dans le Miroir
je deviens pont
et sur mon dos
passent, en caravanes lentes,
de minuscules éléphants…

ENGLISH VERSION

You have the choice
Alwayschooseyourlevel of existence dependssolittle in the way of yourability to consume
any one wants to sellyoueverythingyoubuywithout, however, does not reallybelong to you
So what? Wouldyou break the mirror? ortake the shortestpaththat leads to City Anyproduct
thateverythingthat consumes all who consume reducedeverything?
You have the choicebetween A and B always have a choicebetween B and A No otherletter in the alphabet despite the manyfacets mirages thatwe sent youaway But that shows youthat? whodecided for you?
Nobodyishisname and hecomesfrom the night and hecomesfrombeyond time
It has always been there. Someone invisible productsellssome invisible
and sellssome invisible mints right to possesswithout
And youdecidethatyou?
You have the choice, youcanpersevere in his absence to yourself
atbedtime or hear the voice of secularIndianMic-Macthatsince the nest of King youspeak
and thatyousay? Since the invisible voicereachesdiscontinuouswaves
Theyevoke the time spentdeleted links not yetremovedbetweenhumans and theirgods
they talk about nature huntingprioritiesalienatedtheyspeakwithoutspeaking Te Becausetheirvoiceis off
Sun City
You borrowedroads visible
whythey are drawn to walkrunwithoutstopping
risk
See for?

You put a hand on your open eye You move ainsiÂnealwayspreceding the Great Carrot and derivedgreatpride in you!

I do not forgetFromwhere I watchmyshare as yours I do not judge
I do not want to bejudgedproducelittle I eatjust as I lose
somesensethat I acquire the force of mysavings. I have no choice but thosethat I allowmyself.
So … I amretiring, wave in the fresh water saltyocean I sinkmy hands
thenmyfeet in the mirror I get on my back deck and
pass by slow caravans, tinyelephants …

3.

Naissance

Je te disais :
N’attends pas qu’on t’ouvre la porte,
Sois la porte

Je te disais:
De tes corps millénaires j’ai gardé le souvenir,
La saveur de ta peau, les battements sous ta peau

Je te disais :
L’amour est une chose sérieuse,
Et nous rions, nous rions

Je te disais :
Si tes yeux sont comme l’ambre, et mon cœur ce quartz fou
Il nous faudra qu’à l’aurore Cela en nous se rassemble

Je te disais et tu disais :
Pourquoi autant de temps ?
Pourquoi autant de vies ?
Pourquoi autant d’envies ?
Pourquoi autant de détours ?
Et pourquoi tous ces pourquoi ?

Tu disais et je te disais :
Dans le cœur d’or de moi et non moi
Je te fais une promesse
Et cette promesse jaillit de notre nuit
De tous les temps, mêlés
Parce qu’il n’y a pas de temps
De toutes ces vies vécues
Parce qu’il n’y a qu’une vie
De toutes ces envies croisées
Car le désir de l’Aimé est comme celui de l’Amant
De tous ces chemins parcourus
Parce que nul détour ne dévie, vraiment
Voilà pourquoi
Et le pourquoi de tous ces pourquoi

Je te disais et tu me disais :
Sans nul doute, de mes rêves, tous
Il en est un que j’espère
Du fauve il a les dents
Le regard incendié de celui qui a vu l’étoile
Le poil doux et rêche tout à la fois
Et l’odeur du sacré,
Sapin sous la terre
Tabac mouillé
Sauge d’air
Et cèdre qui brûle

Tu me disais, je te disais, tu me disais, je te disais

Alors
Immenses minuscules âmes
Juchées sur les membres déployés
De l’oiseau aux mille tonnerres
Nous retournions ces phrases
Dans nos bouches sans langue
Les faisant passer de l’une à l’autre
Dans cet innommable baiser

Alors
Nous devenait Nous
Vraiment
Ni Je ni Toi, ni Tien ni Mien

Que l’aube écarlate éclaire vraiment, enfin
Que le soleil à son coucher plus jamais ne désespère
Que la rose une et multiple
De l’ineffable jardin
Cueille cette main nouvelle
Elle a dix doigts dix orteils
Et elle marche comme elle court
Ne saisit rien
Et l’ombre, la mue, le vent

Que l’obligé devienne le conquis
Libre claquement d’ailes

Un océan de lumière
Silence
Occupe à présent
Cet espace infini
De notre naissance

ITALIAN VERSION

Ti dicevo:
Non aspettare che ti aprano la porta,
Che tu sia la porta

Ti dicevo:
Dei tuoi corpi millenari ho conservato il ricordo,
Il sapore della tua pelle, i battiti sotto la tua pelle

Ti dicevo:
L’amore è una cosa seria,
E ridevamo, ridevamo

Ti dicevo:
Se i tuoi occhi sono come l’ambra, e il mio cuore questo quarzo folle
Ci vorrà che all’aurora Questo in noi si raccolga

Ti dicevo e tu dicevi:
Perché tanto tempo?
Perché tante vite?
Perché tanti desideri?
Perché tante deviazioni?
E perché tutti questi perché?

Tu dicevi e io dicevo:
Nel cuore d’oro di me e non me
Ti ho fatto una promessa
E questa promessa scaturisce dalla nostra notte
Da tutti i tempi, mischiati
Perché non c’è tempo
Da tutte queste vite vissute
Perché c’è una sola vita
Da tutti questi desideri incrociati
Perché il desiderio dell’Amato è come quello dell’Amante
Da tutte queste strade percorse
Perché nessuna deviazione devia veramente
Ecco perché
E il perché di tutti questi perché

Ti dicevo e tu mi dicevi:
Senz’alcun dubbio, dei miei sogni, tutti
Ve n’è uno che io spero
Ha i denti del feroce
Lo sguardo incendiato di chi ha visto la stella
Il pelo morbido e ruvido allo stesso tempo
E l’odore del sacro,
Pino sotto la terra
Tabacco bagnato
Salvia d’aria
E cedro che brucia

Tu mi dicevi, io ti dicevo, tu mi dicevi, io ti dicevo

Allora
Immense minuscole anime
Arroccate sulle membra dispiegate
Dell’uccello dai mille tuoni
Rigiravamo queste frasi
Nelle nostre bocche senza lingua
Facendole passare dall’una all’altra
In questo innominabile bacio

Allora
Noi diventava Noi
Veramente
Né Io né Tu, né Tuo né Mio

Che l’alba scarlatta rischiari veramente, finalmente
Che il sole al tramontare mai più disperi
Che la rosa una e multipla
Dell’ineffabile giardino
Colga questa mano novella
Essa ha dieci dita dieci alluci
E cammina come corre
Non afferra nulla
E l’ombra, la muta, il vento

Che l’imposto diventi il conquistato
Libero batter d’ali

Un oceano di luce
Silenzio
Occupa ora
Questo spazio infinito
Della nostra nascita

4.

A very short poemtranslated via facebook in shiptar

j’ai ouvert ce matin une lettre
elle contenait 6 mots écrits avec l’or
je les ai lus

ensuite j’ai estimé avec plus de justesse
le déroulement futur de ma journée
l’importance de la vie et de la mort de mon père
de mon souvenir de lui
de ma vie qui coule comme fleuve
qui jamais ne se répète
et qui parfois est sombre
comme forêt dense
comme nuit avant l’aurore

rien n’est comme il semble

(Albanais) :

Kam hapur nje leter sot ne mengjes
kishte vetem 6 fjale te shkruara me ar
i lexova

pastaj e peshova pak me sakte
ftillimin e dites ne vazhdim
rendesine e jetes dhe vdekjes se tim eti
te kujtimit tim per te
te jetes sime qe rrjedh si nje lume
qe kurre nuk perseritet
e qe nganjehere eshte i erret
si nje pyll i dendur
si nata para lindjes se diellit
asgje nuk eshte si ne dukje

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